Plongée sur la grande barrière en Australie

La mythique barrière de corail en plongée

Pour tous les plongeurs, c’est un rêve. L’Everest de tout alpiniste. Le plus grand récif corallien du monde, aussi grand que l’Italie. C’était un rêve pour Emilie et moi.

Deux mots me viennent à l’esprit après sa découverte : déception et révolte.

Ces impressions ne concernent pas la beauté des fonds qui sont effectivement magnifiques mais l’utilisation que l’on en fait…

Notre expérience personnelle

Pour commencer, retour sur les conditions de notre aventure.

Durant notre remontée de la côte Est, je suis allé plonger deux fois sur la grande barrière. Depuis Magnetic Island dans un premier temps et à partir de Cairns (avec toute la famille) dans un second temps. A chaque fois, l’excursion s’est déroulée sur la journée car, pour atteindre les récifs coralliens, il faut compter entre 1 et 2h de navigation suivant d’où l’on part. La Grande Barrière, ça se gagne !

Dans un premier temps, je vous présenterai l’organisation de la journée pour ensuite aborder la plongée à proprement parler.

 

Choisir sa journée de plongée

Pour notre virée au départ de Cairns, nous avons eu tout ce que nous ne voulions pas. Dans notre esprit, nous souhaitions :

  • partir sur un catamaran en petit comité
  • réaliser des plongées superbes et paisibles
  • profiter du récif en snorkeling avec les enfants
  • passer un moment paisible à bord du bateau

Ces formules existent mais nous avons réservé trop tard. Nous ne pouvons que nous en prendre à nous. A notre décharge, il existe à peu près 50 croisiéristes qui organisent le même boat trip journalier. Il est donc impossible de s’y retrouver.

Enfin, passée la déception de notre petit catamaran, nous avons essayé de choisir pour le mieux. Erreur !

Une usine bien rôdée

Nous sommes donc tombés sur l’excursion de rêve : bateau de 50 personnes, deux plongeurs certifiés (Emilie et moi), 48 baptêmes de plongée, 30 membres d’équipage (marins, cuisiniers, 3 photographes, 2 barmans et des « animateurs »), un timing parfaitement maîtrisé et rien qui déborde : la journée commerciale par excellence.

Je suis peut-être un peu dur sur la qualité de cette excursion mais j’ai, et j’aurai toujours beaucoup de mal avec une certaine conception du « Enjoy your smile, tout le monde est beau, tout le monde est gentil et vous allez passer une journée exceptionnelle». Ce concept est très anglo-saxon et je suis peut-être trop français : Quand c’est trop beau, c’est qu’il y a forcément quelque chose…

La vie à bord

Passé l’embarquement, la photo type « la croisière s’amuse », nous avons eu droit à l’indispensable breafing de sécurité suivi très rapidement du déroulé de la journée, pour terminer par :

« Vous avez compris ? …

Je répète : Vous avez compris ? Yeah…

Plus fort, je n’ai pas entendu : Est-ce que vous avez compris ? Yeaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaah »

Il ne manquait que David Guetta derrière pour lancer le Mix techno.

C’est fou comme le silence et le calme sont incompatibles avec ce concept de « plaisir ». Toute la journée, c’était musique sur le bateau, de nombreuses sollicitations pour prendre des photos (en vente directement sur le bateau)…

Toute la quoi ? Journéééééééééééééée.

Toute la quoi ? Journéééééééééééééééééééééééééééééée.

Ces bateaux sont vraiment destinés aux gens voulant découvrir la plongée. Les sites sont parfaits pour réaliser un baptême. Pour des plongeurs expérimentés, c’est toujours frustrant car il doit exister plusieurs milliers d’autres sites beaucoup plus intéressants et préservés. Certaines compagnies ont compris cela et ne propose des sorties qu’avec des plongeurs certifiés, ce qui est tout à leur honneur.

Lors de ma première sortie au départ de Magnétic Island, l’ambiance était moins commerciale mais l’on reste en Australie. Time is business.

Nos plongées

C’est donc avec un peu de déception que nous nous sommes mis à l’eau pour aller voir les plus beaux fonds du monde. Dommage car, comme entrée en matière, il y a mieux. Heureusement que les plongées sont très faciles car la mise en confiance et l’état d’esprit restent importants avant de s’immerger.

Des fonds sublimes

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Une fois sous l’eau, le spectacle des coraux fait son effet. Chaque patate corallienne est plus belle que la précédente. Celles-ci sont généralement plantées sur un fond de sable et l’on se promène de récif en récif. Côté faune, il y a des multitudes de poissons multicolores au-dessus. Pour trouver du gros, il y en a, mais pas où nous avons plongé. J’ai seulement croisé 5 ou 6 requins pointe blanche, une raie et des napoléons.

Une barrière respectée… à l’australienne

Si certains clubs vous demandent de vous enduire de crème solaire longtemps avant de vous mettre à l’eau pour que cette dernière s’imprègne et ne parte pas abimer le corail, d’autres laissent tourner leur bateau toute la journée… Un client content est un client qui a la clim parce que c’est fun d’avoir la clim à bord. De notre côté, nous avons trouvé cela révoltant d’un point de vue environnemental. Mais combien y a-t-il d’argent à gagner avec « l’environnement » ?

Finalement, même sous l’eau où nous aurions pu avoir (enfin) un peu de calme, nous avons eu droit au ronron du moteur pendant toute la plongée. Seul avantage : il est difficile de se perdre et ne pas retrouver le bateau.

Plonger en toute sécurité

Pour les plongeurs en manque d’assurance, l’Australie est le lieu idéal pour acquérir de l’expérience. Il est très facile de trouver des sites tranquilles, sans aucun risque.

De plus, la sécurité est le maître-mot ici.

Malheureusement, cela en devient omniprésent voire aberrant à certains moments.  Je ne suis pas, et ne serai jamais pour des mises en danger inutiles ou pour la négligence de certaines consignes sécuritaires mais il ne faut quand même pas exagérer. Ce qui me dérange c’est quand ces fonctionnements prennent le pas sur la notion de plaisir.

Plus clairement, les plongées sont limitées en temps : 45 minutes ou 1 heure maximum. Ce qui fait que l’on remonte avec plus de la moitié d’air dans la bouteille (pourquoi faire des bouteilles si grosses si c’est pour ne pas s’en servir ?). De plus, quand le temps est écoulé, il faut remonter, quitte à palmer à contre-courant pour rejoindre le bateau. Il faut ici parler d’aberration du système car la mise en danger est réelle. Pour les non-initiés, il ne faut pas faire d’effort après une plongée (palmer n’est peut-être pas un effort ?).

Il en est de même pour la profondeur. Atteindre 20m de profondeur semble un exploit. Alors quand un superbe requin et un perroquet à bosse passent à 25mètres, on oublie le fun et on les regarde de loin.

Fun, Fun, Fun

Enfin, pour plonger en sécurité, il faut toujours compter sur son moniteur. Nous ne pouvons pas généraliser, mais les deux guides qui nous ont encadrés avaient, à eux deux, moins de plongées qu’Emilie. Il semblerait que moins d’expérience = plus de sécurité. A moins que la logique ne soit ailleurs.

Toutefois, il faut bien commencer un jour, nous sommes tous passés par là.

Pour revenir sur mes 3 plongées, j’ai fait de la promenade de guide car ils connaissaient le site aussi bien que moi, sauf que, eux étaient perdus. Et ça, c’est du « foutage de G…… » de la part des clubs.

Ça valait quand même le coup !

C’est dur à dire, mais nous sommes contents d’avoir vu la grande barrière. Nous aurions regretté de ne pas avoir réalisé cette excursion.

Tout d’abord, c’était génial de faire du snorkeling avec les enfants sur des sites pareils. Ils se sont régalés.

Enfin, nous savons maintenant ce que nous voulons et ce que nous pouvons recommander aux plongeurs invétérés : Une croisière sur la grande barrière. Car c’est sûr, un jour nous prendrons un bateau de croisière-plongée pour aller « véritablement » découvrir cet endroit. Partir 5-6 jours, loin des récifs surexploités doit-être une expérience fantastique.

Promis

On reviendra

Sur, on reviendra

Certain, on reviendraaaaaaaaaaaaaaaaaa

2 commentaires

  1. Guilhem Répondre

    Salut,
    Expérience intéressante et qui, malheureusement, ne me surprend pas. Un collègue/ami m’avait dit (il y a déjà 10 ans!!) qu’il fallait faire un ‘liveaboard trip’ pour éviter ce genre de chose (monde, récif dans un état moyen…). Après, ce sont des plongées Paddy (OK, super sécurisée en Australie) où la notion de fun prend le pas (on donne à manger au mérou, fait le poirier,…) avec des guides rarement compétents. Malheureusement, pas propre à l’Australie. En 3 ans en Australie, je n’ai que très rarement plongé. L’état d’esprit étant une des raisons.

  2. Cécile Répondre

    Salut, Ok compris et merci pour l’alerte. On va chercher le liveaboard trip de 5-6 jours. On vous racontera!

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